Articlophile RP · 47 · Maroc : eau, numérique, finance et foncier

Rédigé le 15/06/2026
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La Grande Histoire

Le fil rouge de ce lundi, c’est un Maroc qui capitalise sur ses politiques de long terme pour attirer financements, sécuriser ses actifs stratégiques et densifier ses partenariats, du local à l’international. La séquence eau–climat–numérique s’imbrique nettement : à Fès, le président du Conseil mondial de l’eau Loïc Fauchon qualifie le Royaume de « terre d’excellence pour l’eau », en saluant la continuité d’une stratégie hydrique pensée depuis Hassan II et prolongée sous Mohammed VI. Cette reconnaissance intervient alors que le Maroc verrouille ses leviers financiers : la Banque mondiale vient d’approuver 650 millions de dollars de programmes pour le numérique et la résilience climatique, adossés à la stratégie « Maroc Digital 2030 » et à un dispositif de gestion des risques climatiques et catastrophes. Dans le même mouvement, l’État resserre juridiquement son emprise sur 12 millions d’hectares de foncier public, doublant sa réserve en un an pour en faire un outil d’investissement plus offensif (Le Matin). La presse économique souligne par ailleurs une année 2025 de reprise record sur le marché des capitaux, dopée par la résilience non agricole et les grands chantiers à l’horizon 2030, tandis que la croissance 2026 est désormais projetée autour de 5,2%–5,3% selon le gouvernement et l’économiste Mohamed Jadri (Hespress). En toile de fond, les transferts des Marocains, à hauteur de 120 milliards de dirhams, pèsent autant que la valeur ajoutée agricole annuelle et redessinent progressivement l’économie rurale, en basculant du simple soutien à la consommation vers l’investissement productif (Al Ahdath almaghribia).



Dans les Régions

Azilal – santé et changement climatique

L’hôpital provincial d’Azilal a recensé 79 cas de piqûres de scorpions et deux morsures de serpents sur mai–juin 2025, sans décès (Al Ahdath almaghribia). Le phénomène, saisonnier, s’intensifie avec la hausse des températures, ce qui en fait un indicateur concret de vulnérabilité climatique dans les zones rurales et montagneuses. Les autorités sanitaires insistent sur l’orientation rapide vers les structures de soins, en déconseillant les pratiques traditionnelles qui retardent la prise en charge.

Tanger-Tétouan-Al Hoceima – pont Brésil–Maroc

Une délégation d’hommes d’affaires brésiliens a été reçue par la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, intéressée par les opportunités industrielles et logistiques régionales (Al Haraka). La visite est présentée comme une plateforme pour structurer des projets et partenariats, avec un objectif assumé de renforcer les échanges économiques bilatéraux. Elle illustre la montée en gamme du positionnement de la région comme hub d’investissement connecté à l’Atlantique et à la Méditerranée.[maroc-diplomatique]

Agadir – cap sur l’oncologie interventionnelle

Le CHU Mohammed VI d’Agadir a réalisé avec succès sa première ablation d’un carcinome hépatocellulaire par radiofréquence (Le Matin). Cette technique mini-invasive offre une alternative aux patients inopérables, réduit la durée d’hospitalisation et accélère la récupération, confirmant la montée en puissance du pôle hospitalo-universitaire du Souss en matière de soins tertiaires.[lematin]

Kénitra – diplomatie militaire et soft power

Sous Hautes Instructions du Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’État-Major Général des FAR, SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan a présidé la cérémonie de sortie de la 26e promotion du Cours Supérieur de Défense et de la 60e promotion du Cours État-Major au CREMS de Kénitra (Al Haraka). La promotion compte 304 lauréats, dont 88 officiers issus de 32 pays, confirmant le rôle des FAR comme plateforme de formation militaire multinationale et outil de rayonnement sécuritaire.

Éco & Business

Le marché des capitaux a signé en 2025 une année de reprise record, avec des performances en hausse sur la Bourse de Casablanca, la mobilisation des capitaux, la gestion d’actifs et l’activité des investisseurs (Assahra almaghribia). Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de résilience macroéconomique : la croissance est passée de 4,4% en 2024 à 4,9% en 2025, avec une projection autour de 5,2% pour 2026, portée par les secteurs non agricoles et les chantiers structurants à l’horizon 2030 (Hespress). Sur le volet budgétaire, les recettes douanières ont dépassé 42,2 MMDH à fin mai 2026, en hausse de 7,9% sur un an, tirées par les droits de douane, la TVA à l’importation et la TIC sur les produits énergétiques, selon la Trésorerie Générale du Royaume.[canal212]

En parallèle, la Banque mondiale a approuvé deux programmes totalisant 650 millions de dollars pour le Maroc : 250 millions pour un programme d’accélération de la transformation numérique et 400 millions pour un programme de financement du climat et des risques. Le premier doit soutenir la stratégie « Maroc Digital 2030 », notamment via l’adoption de solutions cloud par les administrations et la modernisation des services publics numériques. Le second vise à renforcer la résilience financière face aux risques climatiques, aux catastrophes et aux cyber-risques, en mobilisant aussi des capitaux privés pour des infrastructures climatiques.[finance-inclusive]

Sur le monde rural, les transferts des Marocains – près de 120 milliards de dirhams, soit un ordre de grandeur comparable à la valeur ajoutée agricole annuelle – deviennent un moteur d’investissement : financement de projets agricoles, petites entreprises, modernisation d’exploitations via équipements et technologies (Al Ahdath almaghribia). Côté foncier, la Direction des domaines de l’État affiche un bilan 2025 de « reconquête » : environ 6.000 hectares récupérés sur des investisseurs défaillants, plus de 16.000 hectares régularisés au détriment d’occupants sans titre, et près des trois quarts des litiges tranchés en faveur du Trésor (Le Matin). La réserve foncière publique a ainsi plus que doublé en un an, transformant les 12 millions d’hectares de foncier de l’État en levier assumé d’investissement, avec à la clé des enjeux forts de gouvernance et de transparence.

Sur le marché avicole, la FISA signale une phase conjoncturelle d’offre excédentaire, liée à une montée en capacité de production combinée à un ralentissement de la consommation (Rissalat Al Oumma). Cette suroffre tire les prix à la production à la baisse, sur la viande de volaille comme sur les œufs, avec un effet immédiat sur les marges des éleveurs. La fédération insiste toutefois sur le caractère temporaire de cet ajustement et réaffirme que les fondamentaux restent portés par des investissements structurants et une expertise consolidée, l’objectif étant de sécuriser l’approvisionnement en produits avicoles, considérés comme essentiels à la sécurité alimentaire.

Culture & Société

Sur le front de la gouvernance globale de l’IA, l’ambassadeur Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, a co-présidé à New York une réunion de haut niveau du Groupe des amis des Nations Unies sur l’IA au service du développement durable, en amont du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA prévu les 6–7 juillet à Genève (Rissalat Al Oumma). Les co-présidents du Dialogue, les ambassadeurs Egriselda López (Salvador) et Rein Tammsaar (Estonie), ainsi que des responsables de l’UNESCO et de l’UIT, y ont détaillé l’état des préparatifs et le format des deux journées, confirmant la volonté de structurer un agenda multilatéral sur les usages responsables de l’IA.

Sur le plan intérieur, la ministre déléguée à la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, a annoncé la préparation d’un projet de loi sur l’administration numérique intégrant des dispositions spécifiques à l’IA, dans le cadre d’une stratégie de montée en gamme des compétences et de l’innovation (Madar 21). Cette stratégie se décline notamment via la création de l’institut « Jazari Root », l’organisation d’un hackathon national dédié à l’IA et le lancement du « RallyIA Future Lab » à Merzouga, qui positionnent le pays sur un registre à la fois éducatif, expérimental et territorial.

Dans le champ énergétique, un rapport relayé par Telexpresse confirme une capacité opérationnelle de 5,5 GW d’énergies renouvelables à fin 2025, soit 45,4% de la capacité électrique installée. Le Maroc s’est fixé des cibles de 52% de renouvelables dans le mix électrique à l’horizon 2030, puis 70% d’ici 2050, avec une logique de souveraineté énergétique et de réduction de la dépendance aux importations d’hydrocarbures. Sur le volet sécuritaire, Achkayen rapporte la saisie conjointe par la Garde civile espagnole et la Gendarmerie royale de 121 ballots de haschich, soit près de 4,8 tonnes, dans le détroit de Gibraltar, illustrant la densification de la coopération anti-trafic dans cette zone stratégique.



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À lundi,