SM le Roi Mohammed VI a présidé au Palais Royal un Conseil des ministres consacré à l’approbation de textes organiques, d’un décret relatif au domaine militaire, à des conventions internationales et à des nominations dans des hautes fonctions, a indiqué le Cabinet Royal.
Interrogé sur le déroulement de la saison agricole, le ministre de l’Agriculture a souligné « des précipitations très importantes » qui ont relancé les activités du secteur et « augurent de perspectives prometteuses pour la récolte ». Selon les chiffres présentés, la pluviométrie a atteint en moyenne 520 millimètres, soit +54% par rapport à la moyenne des trente dernières années, avec un impact direct sur les barrages: 12,8 milliards de m3 stockés et un taux de remplissage de 75%, de quoi couvrir l’irrigation des cultures de printemps et d’été, ainsi que le début de la prochaine campagne, a précisé le ministre de l’Agriculture.
Côté arboriculture, le Royaume enregistre « une production record de 2 millions de tonnes d’olives » (+111% sur un an), 1,9 million de tonnes d’agrumes (+25%) et 160.000 tonnes de dattes (+55%). L’abondance des pluies a aussi « amélioré l’état du cheptel » grâce à des pâturages fournis, a-t-il noté.
Le ministre de l’Intérieur a présenté les grands principes de gouvernance de la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré, fondés sur « une approche qui fixe les priorités à partir des besoins exprimés localement par les citoyennes et citoyens », en cohérence avec les orientations royales. Ces programmes ont été élaborés à la suite d’une vaste concertation et d’un diagnostic par préfecture et province (emploi, éducation, santé, eau, mise à niveau), a indiqué le ministre de l’Intérieur.
Les premières estimations situent le budget global à près de 210 milliards de dirhams sur huit ans. Pour la mise en œuvre, l’architecture retient un « pilotage à partir du niveau local » chargé de l’élaboration et du suivi, et un niveau national pour la coordination et la mobilisation des financements. Localement, un comité présidé par le gouverneur élaborera les programmes et suivra l’exécution des projets en concertation avec les populations, tandis qu’un comité régional présidé par le wali consolidera et harmonisera les plans. Au national, un comité présidé par le Chef du gouvernement validera les programmes, fixera les indicateurs de suivi et évaluera les impacts.
Les mécanismes d’exécution évolueront avec la création de sociétés anonymes présidées par les présidents de région, en remplacement des Agences régionales d’exécution des projets, afin de concilier « gouvernance et contrôle publics » avec une gestion plus flexible et performante. Un « audit annuel conjoint » par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’administration territoriale évaluera les performances. Une plateforme digitale dédiée permettra au public et aux acteurs institutionnels de suivre la programmation et l’avancement des projets, pour une transparence renforcée.
Le Conseil a approuvé un projet de loi organique modifiant la loi relative aux régions, dans le droit fil d’une « régionalisation avancée forte et productive » apte à corriger les disparités spatiales. La réforme précise les mécanismes de mise en œuvre (transformation des agences régionales en SA pour accélérer l’exécution), redéfinit les compétences en renforçant « le rôle de la région comme levier principal du développement économique », et consolide les ressources via la hausse du plafond des transferts de l’État afin de soutenir l’autonomie financière et la contribution des régions aux programmes intégrés.
Un projet de loi organique modifiant la nomination aux fonctions supérieures a aussi été adopté. Il intègre l’Agence nationale pour la protection de l’enfance à la liste des établissements publics stratégiques soumis à délibération en Conseil des ministres, consacre le changement de dénomination de la Fondation Mohammadia des Œuvres Sociales des Magistrats et Fonctionnaires de la Justice (devenant Fondation Mohammadia des Œuvres Sociales des Fonctionnaires de la Justice) et ajoute le poste de « conservateurs judiciaires généraux » aux fonctions supérieures examinées en Conseil du gouvernement.
En sa qualité de Chef Suprême et Chef d’État-Major Général des Forces Armées Royales, SM le Roi a approuvé un décret complétant le dispositif relatif aux attachés militaires et personnels affectés à leur service, afin d’actualiser la liste des postes à l’étranger ouvrant droit à l’indemnité spécifique, « en exécution des Hautes Instructions Royales ».
Dans le prolongement de la politique extérieure axée sur une coopération « fructueuse et responsable », quinze conventions internationales ont été adoptées (onze bilatérales et quatre multilatérales), couvrant le transport aérien, la justice, la coopération douanière et le domaine militaire (formation, partage d’expertise, assistance technique). Côté multilatéral, figurent un protocole modifiant l’Accord de Marrakech instituant l’OMC, la Constitution et la Convention de l’Union africaine des télécommunications, un accord avec le Réseau africain des autorités de cybersécurité pour la création au Maroc d’un Centre régional d’appui et de coordination de réponse aux incidents cybernétiques, ainsi qu’un accord d’accueil avec l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA‑NEPAD) en vue d’implanter son bureau national dans le Royaume.
Conformément à l’article 49 de la Constitution, et sur proposition du Chef du gouvernement à l’initiative du ministre de la Santé, SM le Roi a nommé: Hicham Afif (Casablanca‑Settat), Brahim Lekehal (Rabat‑Salé‑Kénitra), Abdelkrim Daoudi (Fès‑Meknès), Brahim El Ahmadi (Laâyoune‑Sakia El Hamra) et Tarik El Harti (Souss‑Massa) au poste de directeurs généraux des Groupements sanitaires territoriaux.