👋 Bonjour l’ami du Maroc !
Temps de lecture : 6 minutes ☕
Le début de semaine est marqué par un geste fort au sommet de l’État : SM le Roi Mohammed VI a nommé SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan Coordinateur des Bureaux et Services de l’État-Major Général des FAR, un poste stratégique qu’occupait lui-même Mohammed VI lorsqu’il était Prince héritier sous Hassan II, signe d’une montée en responsabilité progressive et très encadrée du futur souverain. Dans la communication officielle, l’accent est mis sur les valeurs de discipline, patriotisme et sens de la responsabilité au sein des FAR, comme pour souligner que cette nomination s’inscrit dans une continuité institutionnelle plus que dans une rupture.
Sur le front extérieur, Rabat réaffirme son ancrage dans l’axe Golfe–Maroc : SM le Roi a adressé un message au souverain de Bahreïn pour condamner fermement l’« agression iranienne » visant ce pays, en rappelant que la sécurité des États du CCG est « indissociable » de celle du Maroc, un langage qui consolide la posture de solidarité stratégique déjà visible sur le dossier du Sahara et dans la coopération sécuritaire.
Pendant ce temps, la diplomatie économique s’active tous azimuts : inauguration d’un nouveau consulat américain à Casablanca Finance City, roadshow d’investissements au Grand Manchester, et mise en lumière, à Washington, de la Coupe du monde 2026 comme nouvel horizon de coopération maroco-américaine. Le message implicite de ce lundi : le Royaume soigne sa continuité interne tout en capitalisant intensivement sur ses alliances historiques — États-Unis, Royaume-Uni, Golfe — à un moment où la conjoncture régionale et les tensions au Moyen-Orient restent hautement inflammables.
Dans les Régions
Marrakech branchée Strasbourg, version low-cost chic
EasyJet ouvre une nouvelle ligne directe Strasbourg–Marrakech deux fois par semaine, ce qui devrait booster un tourisme déjà solide tout en resserrant les liens avec une diaspora et une clientèle d’Europe de l’Est de la France, jusqu’ici dépendantes des correspondances. Pour Marrakech, c’est un flux supplémentaire de city-breakers à pouvoir d’achat correct, et une opportunité de lisser la saisonnalité, surtout hors vacances scolaires.
Fès en mode “méga-exercice” de secours
Dans la médina de Fès, la Protection civile mène un exercice grandeur nature simulant un effondrement urbain dans le quartier Ziyat, avec chiens, services de santé et autorités locales, pour tester la coordination en environnement ancien et très dense. C’est de la gestion de risques, mais aussi un message politique : montrer que les pouvoirs publics prennent au sérieux les scénarios de catastrophe dans des tissus urbains vulnérables, à l’heure où les séismes de 2023 restent dans toutes les mémoires.
Sud : laboratoire de développement sous projecteurs internationaux
Au SIEL à Rabat, une table ronde a mis en avant la « dynamique multidimensionnelle » des provinces du Sud et la portée géopolitique de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU d’octobre 2025, qui consacre le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme unique base de solution au différend sur le Sahara. Pour le pouvoir, ces débats sont une vitrine : montrer que l’option marocaine n’est plus seulement politique mais soutenue par des transformations économiques, sociales et d’infrastructures sur le terrain.
Éco & Business
Un Trésor en léger vert… mais sous perfusion de recettes
La Trésorerie générale du Royaume signale un excédent budgétaire de 6,5 MMDH fin mars 2026, en hausse par rapport aux 5,9 MMDH de l’an dernier, avec des ressources ordinaires de 191,9 MMDH pour 185,4 MMDH de charges. Derrière ce “vert” comptable, l’excédent vient aussi d’un solde positif de plus de 21 MMDH des comptes spéciaux et SEGMA, ce qui rappelle que la situation reste confortable mais dépendante de poches budgétaires spécifiques et de la dynamique des recettes fiscales.
Social & Solidaire : le « troisième pilier » enfin encadré
Le projet de loi-cadre n°017-26 sur l’Économie Sociale et Solidaire, en finalisation au SGG, vient combler un vide juridique et prétend faire de l’ESS un vrai moteur de croissance inclusive, et non plus une économie de survie éclatée entre coopératives et petites structures. Avec une stratégie nationale déjà dotée de 368 MDH pour restructurer le secteur (coopératives, pôles territoriaux, commercialisation, accompagnement), l’enjeu est de donner un référentiel unifié et de reconnaitre l’ESS comme pilier autonome aux côtés du public et du privé, avec potentiellement un angle fort sur l’emploi des jeunes et des femmes.
Chine : le Maroc premier de la classe africaine
La nouvelle exemption de droits de douane accordée par Pékin à 53 pays africains place le Maroc parmi les principaux bénéficiaires, grâce à sa base industrielle exportatrice bien plus solide que la moyenne continentale. Traduction : les pays qui ont déjà un pipe de produits transformés et normés (agro, industrie, automobile, textile à plus forte valeur ajoutée) sont les mieux placés pour conquérir des parts sur le marché chinois, ce qui renforce le pari marocain sur les chaînes de valeur globales.
Manchester découvre le “Morocco deal-flow”
À Manchester, hub économique clé du Royaume-Uni, l’ambassadeur Hakim Hajoui a pitché les opportunités d’investissement au Maroc, en rappelant des liens diplomatiques vieux de plus de 800 ans et le nouveau Partenariat Stratégique Renforcé acté lors du Dialogue stratégique de juin 2025. Message au business britannique : le Maroc n’est pas qu’une porte d’entrée vers l’Afrique, mais un écosystème industriel et logistique déjà structuré, dans un contexte post-Brexit où les entreprises cherchent des plateformes stables au Sud.
Culture & Société
Livre : 7 143 titres, mais un secteur en transition fragile
La BNRM recense 7 143 titres publiés en 2025, soit une hausse de 4 à 6% par rapport à 2024, confirmation d’une croissance régulière mais modérée de la production éditoriale. Derrière la bonne nouvelle, le tableau est plus nuancé : domination du livre papier, numérique marginal, essor de l’autoédition — un cocktail qui dessine un secteur en mutation, où les modèles économiques ne sont pas encore stabilisés et où la découvrabilité des œuvres reste un défi.
Patrimoine & aménagement : urbanisme qui lit
Pour sa première participation au SIEL, le ministère de l’Aménagement du territoire a mis en avant la préservation du patrimoine comme fondement du développement territorial durable, avec Fatim Ezzahra El Mansouri insistant sur la nécessité de rapprocher les grands chantiers urbains des citoyens et du monde académique. C’est une manière de relier béton, mémoire et participation, dans un contexte où la réhabilitation des médinas, le tourisme et le logement social doivent cohabiter sans effacer l’âme des lieux.
Droits humains & IA : alerte aux biais et aux deepfakes
Amina Bouayach prévient : les biais algorithmiques et les deepfakes risquent d’amplifier les inégalités et de menacer la dignité humaine, même si la technologie peut aussi servir les droits humains et améliorer les services publics. Elle appelle à placer la dignité au cœur de la conception des technologies et à rappeler que l’avenir doit rester décidé par la volonté humaine, pas par la seule logique des algorithmes — un message très actuel pour les médias, à l’heure où les rédactions testent IA générative, fact-checking automatisé et modération algorithmique.
Justice : cap sur le “tribunal numérique”
Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire revendique la mise en œuvre intégrale de son plan 2021‑2026 via 163 mesures, avec réduction des délais de traitement et hausse des taux de réalisation, et parle désormais de “maturité institutionnelle”. Prochaine étape annoncée : un plan 2027‑2032 centré sur l’accélération de la transformation digitale et le “tribunal numérique”, avec un enjeu clé pour les justiciables et les journalistes judiciaires : la transparence, l’accès aux données et la confiance dans un environnement de plus en plus numérisé.