Articlophile RP · 40 · Industrie HCP, eau et Jossour 2030

Rédigé le 04/06/2026
L' Articlophile

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Le thermomètre HCP de la conjoncture pour le 1er trimestre 2026 dessine un Maroc productif qui avance, mais avec des poches de tension bien visibles. Dans l’industrie manufacturière, la production, l’emploi et les carnets de commandes restent globalement stables, avec un taux d’utilisation des capacités autour de 74%, mais 43% des entreprises signalent encore des difficultés d’approvisionnement, surtout sur les intrants importés, et 20% jugent leur trésorerie « difficile », un ratio qui grimpe à près de 30% dans le textile-cuir.

L’industrie extractive cale, avec une baisse simultanée de la production et des prix de vente, malgré une hausse de l’emploi, alors que l’énergétique fait l’inverse : production et prix en hausse, mais recul des effectifs. Côté construction, la machine repart avec une activité et un emploi en hausse, un TUC à 72%, mais une trésorerie jugée tendue par 30% des chefs d’entreprises, en écho aux chantiers structurants et aux besoins de financement accrus. Pour le 2e trimestre, les anticipations confirment ce découpage : accélération attendue dans le manufacturier, nouvelle jambe de croissance pour l’énergie, mais baisse annoncée dans l’extractif, avec un secteur de la construction qui devrait continuer à recruter.




Dans les Régions

Eau : Sebou, laboratoire de la souveraineté hydrique

Le bassin du Sebou est en train de devenir un cas d’école de la nouvelle politique de l’eau : l’Agence du bassin hydraulique lance une étude d’interconnexion entre Ouergha, Lben et Inaouen, qui couvrent notamment Taounate et Taza, afin d’optimiser l’affectation de la ressource entre eau potable, irrigation et usages industriels. Cette dynamique régionale s’inscrit dans la vision royale rappelée par Telexpresse, qui fait de la gestion de l’eau un pilier stratégique de la souveraineté hydrique, alimentaire, économique et énergétique, avec la volonté assumée de transformer l’eau en moteur de création de valeur plutôt qu’en simple contrainte physique.

Fkih Ben Salah : agroécologie contre le choc climatique

À Fkih Ben Salah, une conférence internationale sur « l’agroécologie pour une agriculture durable et résiliente » réunit chercheurs et experts pour réfléchir à une agriculture capable d’absorber la variabilité climatique sans sacrifier la production ni les ressources naturelles. La rencontre positionne clairement l’agroécologie comme un levier de sécurité alimentaire de long terme, en misant sur des systèmes agricoles plus résilients, moins dépendants des intrants externes et davantage adaptés aux spécificités locales.

Stades, routes, examens : la sécurité à tous les étages

Entre la réunion présidée par Abdellatif Hammouchi sur les violences dans les stades, centrée sur la mise à niveau des protocoles d’intervention et l’usage de caméras et de drones, et le bilan hebdomadaire de la circulation faisant état de 38 morts et 2 867 blessés en milieu urbain, la question de la sécurité reste très concrète sur le terrain. Le déploiement de technologies de surveillance, les dizaines de milliers de contraventions et les milliers de PV transmis au parquet illustrent une approche qui combine dissuasion, contrôle et digitalisation des outils de police, avec un enjeu d’image nationale à l’approche des grands rendez-vous sportifs.

Éco & Business

Industrie, croissance, Jossour : une conjoncture sous tension maîtrisée

Le HCP estime que la croissance nationale a démarré 2026 à un rythme proche de 5% au 1er trimestre, tirée par un choc pluviométrique positif et le redressement agricole, ce qui crée une toile de fond macroéconomique plus porteuse pour l’industrie et la construction. Dans ce contexte, la note de conjoncture sectorielle montre un tissu productif à deux vitesses : des volumes qui se tiennent, voire progressent, mais des trésoreries fragilisées et des contraintes d’approvisionnement qui rappellent la dépendance persistante aux chaînes de valeur globales, notamment dans le manufacturier exportateur.

Tamwilcom met la pression sur le financement des entreprises

Le nouveau plan stratégique 2026-2030 de Tamwilcom, « Jossour 2030 », vise la mobilisation de 300 milliards de dirhams de financements pour 170 milliards d’engagements, afin d’accompagner environ 435 000 bénéficiaires à horizon 2030, essentiellement des micro et très petites entreprises. L’institution se positionne encore plus clairement comme un pont entre banques et économie réelle, avec un renforcement de l’ancrage territorial, l’élargissement des garanties et de nouveaux mécanismes de cofinancement, dans un contexte où la trésorerie des PME industrielles et des acteurs du BTP reste l’un des maillons faibles de la chaîne.

Transparence fiscale et attractivité : signaux à l’international

Sur le front de la gouvernance économique, le Maroc progresse dans le Global Tax Expenditures Transparency Index (GTETI), avec un score de 57,2/100 qui le place 33e mondial et 2e pays arabe sur 116, témoignant d’un effort continu de transparence autour des dépenses fiscales. Parallèlement, l’édition 2026 du World Citizenship Report de CS Global Partners fait gagner cinq places au Royaume, désormais au 95e rang sur 188, ce qui nourrit un narratif d’attractivité et de stabilité utile pour courtiser investisseurs et talents.

Commerce extérieur : Mondial 2030 comme accélérateur

Les autorités marocaines et britanniques affichent l’ambition de doubler les échanges commerciaux bilatéraux en capitalisant sur les grands chantiers liés au Mondial 2030 et aux projets structurants déjà engagés au Maroc. Pour un pays déjà troisième exportateur mondial de tomate, avec 1,3 million de tonnes exportées et 11% de part de marché, et une croissance des volumes estimée à 11% parmi les dix premiers exportateurs, ces signaux confirment la montée en gamme des chaînes de valeur agro-industrielles marocaines.

Culture & Société

École, numérique et triche : lignes de front du capital humain

Le ministère de l’Éducation nationale recense 4 929 cas de fraude à l’examen régional du bac 1ère année, en hausse de 167% par rapport à 2025, malgré le déploiement de 2 000 dispositifs électroniques de détection dans les centres d’examen. Le contraste est frappant : la montée en puissance des moyens de contrôle illustre une mobilisation institutionnelle pour l’intégrité des évaluations, mais révèle aussi l’ampleur des contournements possibles à l’ère du smartphone généralisé et des contenus partagés en temps réel.

Protection de l’enfance dans l’espace numérique

Dans le même registre, une proposition de loi du groupe PPS à la Chambre des représentants vise à encadrer l’accès des moins de 18 ans aux plateformes de jeux électroniques en ligne, avec un système de règles, responsabilités et sanctions pour les acteurs du numérique. Le texte répond aux alertes sur les impacts psychologiques, sociaux et sanitaires d’un usage intensif et non régulé des jeux en ligne, et s’inscrit dans une réflexion plus large sur la régulation des plateformes et la protection des mineurs dans l’écosystème digital marocain.

Santé : le diabète traité comme maladie de système

Lors d’un forum organisé par la Fondation Hikma Pharmaceuticals, des experts plaident pour une prise en charge globale du diabète, fondée sur la prévention, la continuité du suivi et la coordination entre spécialités médicales, plutôt que sur une approche fragmentée centrée sur l’épisode aigu. Ce besoin d’intégration renvoie à des enjeux très concrets : coût économique de la maladie, charge pour le système de santé et nécessité de stratégies de long terme pour une pathologie chronique qui progresse dans la région.

Droits humains et multilatéralisme

À New York, la présidente du CNDH Amina Bouayach appelle, lors de la réunion annuelle du PNUD sur l’État de droit et les droits humains, à un engagement collectif renouvelé pour la paix, le développement et le respect des droits fondamentaux, en insistant sur le rôle du multilatéralisme. Sur un autre terrain diplomatique, le Maroc a été tiré au sort pour occuper le premier siège lors de la 81e Assemblée générale de l’ONU en septembre, un détail protocolaire qui s’ajoute aux signaux de visibilité accrue du Royaume sur la scène internationale.

Football, soft power et logistique

L’Office national des aéroports a organisé une cérémonie à Rabat-Salé pour le départ de l’équipe nationale vers les États-Unis pour la Coupe du monde 2026, avec une haie d’honneur et un vol spécial RAM vers New York, histoire d’afficher le soutien logistique et symbolique aux Lions de l’Atlas. Au-delà de l’image, l’ONDA met en avant sa capacité à accompagner les flux de supporters tout au long de la compétition, dans un contexte où les infrastructures aériennes seront scrutées en vue du Mondial 2030 co-organisé par le Maroc.




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