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L’air du temps au Maroc aujourd’hui, c’est un mélange de grands chantiers stratégiques et de questions très humaines, de la foi des pèlerins du Hajj jusqu’aux risques de l’IA. Le message de SM le Roi aux pèlerins marocains pour la saison 1447 H insiste sur la droiture, la bienveillance et la solidarité, au moment où les premiers vols décollent avec, nouveauté logistique, l’extension de l’initiative « Route de La Mecque » à l’aéroport Rabat-Salé, pour un parcours simplifié jusqu’aux lieux saints.
Sur le terrain économique, Rabat accélère sur le gazoduc Nigeria–Maroc, méga-projet à 25 milliards de dollars et 6.900 km, pendant que l’ONHYM passe à l’étape délicate de la mobilisation des financements, avec en toile de fond la promesse de connecter 400 millions d’Africains à l’électricité. Dans le même esprit d’infrastructures XXL, le pays muscle ses barrages (76% de taux de remplissage, 14 nouveaux en chantier) et ses ports, en misant sur Nador West Med et Dakhla Atlantique comme futurs hubs de projection africaine.
En coulisse, la Transition énergétique renforce les capacités de stockage des carburants, tandis que le gouvernement pousse un budget « double prisme » genre-climat, histoire d’arrimer la dépense publique aux priorités du siècle. Et, clin d’œil à l’époque, le débat sur l’intelligence artificielle sort des labs pour entrer de plain-pied dans le champ des droits humains, Amina Bouayach rappelant que le vrai sujet n’est pas la technologie, mais les choix de société qu’elle impose.
Dans les Régions
Marrakech sold out, ou presque
Les vacances de printemps remplissent la ville ocre comme un week-end de pont : plus de 90% de taux d’occupation hôtelier, dont 70% de clientèle étrangère et 30% de tourisme intérieur. La combinaison patrimoine–Atlas–riad continue de faire mouche, offrant un stress test grandeur nature avant les grands rendez-vous 2030, Coupe du monde en ligne de mire.
Taroudant : hôpital de campagne, soft power de terrain
À El Faid, dans la province de Taroudant, l’exercice maroco-américain African Lion 2026 ne se limite pas aux manœuvres militaires : un hôpital médico-chirurgical de campagne, mobilisant quelque 250 cadres médicaux des deux pays et une vingtaine de spécialités, a déjà assuré plus de 31.000 prestations au bénéfice de 12.080 personnes, avec consultations, dépistages et interventions chirurgicales. C’est le volet humanitaire et très concret d’un partenariat militaire qui se densifie chaque année, et qui vient d’être encore consacré par les entretiens entre l’Inspecteur général des FAR et le Secrétaire à l’armée de terre des États-Unis à Agadir.
Libreville & Al-Qods : diplomatie à plusieurs étages
À Libreville, le président de la Chambre des Conseillers, Mohamed Ould Errachid, représentait SM le Roi à l’inauguration du Palais des Congrès « Omar Bongo Ondimba », symbole de la reprise en main institutionnelle du Gabon et de la présence marocaine en Afrique centrale. À Al-Qods, l’Agence Bayt Mal Al-Qods enchaîne avec la deuxième phase d’un programme de formation « Compétence professionnelle en import et export » pour les commerçants maqdessis, visant à renforcer leurs capacités face à la complexité croissante des procédures douanières et à réduire leur dépendance à l’intermédiation.
Éco & Business
Gazoduc Nigeria–Maroc : le nerf de la guerre
L’ONHYM entre dans la phase sensible de la mobilisation des financements pour le gazoduc Nigeria–Maroc, projet chiffré à 25 milliards de dollars et pensé comme un corridor gazier de 6.900 km traversant 13 pays africains. Au-delà de la diplomatie énergétique, l’enjeu est double : sécuriser l’approvisionnement du Maroc et de l’Europe, tout en contribuant à l’accès à l’électricité de quelque 400 millions de personnes en Afrique de l’Ouest.
Ports, barrages, stockage : le Maroc bétonne ses capacités
Côté eau, Nizar Baraka annonce un taux de remplissage des barrages autour de 76%, de quoi assurer l’eau potable pour deux à trois ans, pendant que 14 nouveaux barrages sont en construction pour porter la capacité à 27 milliards de m³. Sur le front maritime, une stratégie de modernisation des 45 ports, adossée à 1,5 milliard de dirhams sur dix ans, inclut la conversion de l’Agence nationale des ports en société anonyme, l’ouverture de Nador West Med d’ici fin 2026 et la montée en puissance de Dakhla Atlantique comme pivot vers l’Afrique. Côté énergie, Leila Benali met en avant une capacité de stockage des produits raffinés portée à 3,2 millions de m³ en 2025, en hausse de 30% sur quatre ans, avec une cible ambitieuse de 1,5 milliard de m³ à l’horizon 2030, pour 6 milliards de dirhams d’investissements dont un tiers dès 2026.
Framboises, nouvelles stars à l’export
Sur un registre plus gourmand, le Maroc entre pour la première fois dans le top 5 des fournisseurs de framboises surgelées des Pays-Bas, avec 1.000 tonnes exportées en 2025 pour plus de 2 millions d’euros, soit +50% sur un an et un volume multiplié par quatre par rapport à 2023. Ce segment de niche confirme la stratégie de montée en gamme de l’agro-export marocain, qui diversifie ses marchés au-delà du frais et des destinations traditionnelles.snrtnews
Entrepreneuriat dynamique, chômage têtu
Selon l’OMPIC, 16.985 entreprises ont vu le jour entre janvier et février 2026, dont 75% en personnes morales, avec une domination nette de la SARL à associé unique (66,4%), et une forte concentration à Casablanca-Settat qui capte près de 40% des créations. Commerce, BTP et services restent les secteurs favoris des nouveaux entrepreneurs, mais en parallèle, l’enquête Emploi du HCP rappelle la dure réalité : un chômage à 10,8% au premier trimestre 2026, avec 13,5% en ville contre 6,1% en rural, 16,1% pour les femmes et un alarmant 29,2% pour les 15–24 ans, soit 1,253 million de chômeurs.
Maroc–Mexique : deux hubs qui se regardent
À Mexico, la rencontre entre l’ambassadeur du Maroc, la Chambre nationale de commerce de la capitale mexicaine et des opérateurs locaux dessine un futur partenariat qui joue la carte des hubs géopolitiques. Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique, l’Europe et le monde arabe, Mexique comme accès privilégié au marché nord-américain : industrie, tourisme, énergies renouvelables et logistique sont les secteurs mis en avant pour un axe Sud-Sud à suivre.
Culture & Société
Hajj : spiritualité, logistique et image du pays
Le message de SM le Roi aux pèlerins insiste sur la responsabilité d’incarner les valeurs de droiture, de prévenance et de solidarité, avec un rappel appuyé à la fraternité et à la tolérance au nom de l’Islam. Sur le terrain, la saison du Hajj 1447 H s’ouvre avec le départ du premier contingent et un dispositif de 78 vols, dont 69 directs vers Médine, tandis que l’initiative « Route de La Mecque » s’étend désormais à Rabat-Salé pour permettre l’enregistrement des bagages jusqu’au lieu d’hébergement en Arabie saoudite.
Tourisme : qualité sous « visites mystères »
Le tourisme affûte ses standards : dès mai 2026, 2.500 établissements classés 3 étoiles et plus (hôtels, riads, maisons d’hôtes) seront soumis à des visites mystères couvrant tout le parcours client, de la réservation au check-out. Le dispositif, inscrit dans la loi 80-14, vise à intégrer la qualité réelle du service dans le classement, avec en ligne de mire l’objectif politique de 26 millions de touristes à l’horizon 2030, dans la continuité de la vision globale exposée par la ministre Fatim Zahra Ammor pour moderniser métiers et cadre juridique du secteur.
Travail, indemnités et mineurs mieux protégés
Les inspecteurs du travail obtiennent une révision de leur statut particulier et de leurs indemnités de frais de tournée, dans le cadre du dialogue social, pour rendre la profession plus attractive face à un terrain de plus en plus chargé. En parallèle, un nouveau projet de loi sur les mines, quasiment prêt pour le Conseil de gouvernement, prévoit une carte professionnelle pour les mineurs et un durcissement des sanctions en cas de négligence, réponse directe aux accidents mortels de 2021.
Genre, climat et IA : les nouveaux filtres des politiques publiques
Côté finances publiques, Aziz Akhannouch introduit officiellement un marquage budgétaire à double prisme genre–climat pour l’ensemble des ministères, histoire de faire du développement durable et de l’égalité une ligne directrice, pas juste un slogan de rapport annuel. Sur un autre front de la modernité, Amina Bouayach rappelle que l’IA peut améliorer l’accès aux droits et l’efficacité des services publics, mais qu’elle charrie aussi des risques lourds : biais algorithmiques, désinformation, deepfakes, d’où la nécessité d’intégrer les principes des droits humains à toutes les étapes de la chaîne technologique.



